Aujourd’hui on va s’attarder sur un jeu que l’on a étonnamment très peu évoqué jusque là chez merugezu, si ce n’est à travers un article lors de son annonce. Si j’ai préféré ne pas trop en parler auparavant, c’était pour mieux déblatérer dessus une fois sorti. Et après des mois d’attente, des comptes à rebours sur Twitter et des heures à écouter quelques morceaux du jeu, nous y voilà enfin. Petite nouveauté pour ce Sur Le Grill, vous avez le choix de lire le test ou de l’écouter en visionnant notre vidéo disponible à la fin de l’article !

« Cos I’m the Taxman »

Sonic Mania ! Sorti le 15 Août sur PS4, Xbox One et Switch et deux semaines plus tard sur PC; le temps pour SEGA d’installer un petit DRM qui fait chier sur le jeu histoire de freiner les instincts libertaires de certains. Si vous suivez un peu merugezu, vous devez le savoir, Sonic est ma série de coeur depuis que je suis gosse. Pour tout vous dire mes parents jouaient beaucoup à Sonic quand ma mère était enceinte et ma cousine était persuadée qu’ils allaient m’appeler Sonic (c’est pas une blague). Né quelques mois avant Sonic 2, j’ai littéralement grandi avec le hérisson bleu; j’ai sué sang et eaux pour arriver au bout de Sonic 3 & Knuckles, frissonné quand l’orc de Sonic Adventure m’a pourchassé pour la première fois… bref, j’ai Sonic dans la peau. Et de ce fait j’ai très vite été confronté à ces gens qui ne cessent de ressasser le passé et de chier sur la licence sans comprendre que Sonic c’est comme la tartiflette, soit ça t’écoeure et t’y toucheras jamais, soit t’en bouffes à t’en faire péter le bide. Et même si j’suis déjà tombé sur quelques fournées pas fraîches, j’suis toujours partant pour prendre du rab.

Dans ma vie de joueur, il y a eu un « avant » et un « après » cette scène mythique

SEGA a confié les reines à des fans, des vrais, le genre a pas avoir honte de porter une boucle de ceinture Sonic à un mariage. De tout le lot, le personnage fort de cette formation c’est Christian « Taxman » Whitehead, un mec qui a passé des années caché derrière sa grosse touffe de cheveux à trainer sur des forums  en contribuant à la communauté avec des mods et des fan-games. Finalement repéré par SEGA, Taxman s’est chargé des excellents portages mobiles de Sonic 1, Sonic CD et Sonic 2 avec un certain Headcannon, lui aussi sur le projet. C’est ce qu’on appelle chez nous des gars sûrs, et pas des gros boutons rouges; comprendra qui pourra.

Mais cette fois fini les portages puisque les gars ont eu pour mission de réaliser un jeu anniversaire. Alors ouais, ENCORE un, ça montre à quel point SEGA ne sait pas comment satisfaire tout le monde. Mais là ou Sonic Generations avait un peu le cul entre deux chaises; Mania cherche à taper dans le transgénérationnel avec l’époque 16-Bit, quasiment tout le monde a joué à « Sonic sur la SEGA » (sic.) un jour ou l’autre. Sonic Mania est un retour aux sources, un hommage à une époque où on avait moins de bide et plus de cheveux; c’est donc de cette façon que sera cuisiné Sonic Mania sur notre grill, comme un jeu hommage et non comme un véritable « nouveau » Sonic.

Gotta go fast mais faut faire attention

La notion d’hommage est importante, on sait comme les nostalgiques peuvent être tatillon. Oubliez donc Boost, Homing Attack ou autres Grinds, Chao et Werehog, faut que ce soit tout pareil ! Le jeu propose de jouer avec Sonic, Tails et Knuckles; les trois protagonistes de Sonic 3 qui ont des sprites légèrement retravaillés. Sonic s’est permis d’apprendre une nouvelle technique, le « Drop Dash ». Pour la faire courte, l’atterrissage d’un saut est souvent un léger temps mort; le Drop Dash permet à Sonic de se mettre en boule dès qu’il pose un pied à terre, et donc de prendre de la vitesse tout en niquant les ennemis devant lui. Ca peut paraitre anodin, mais ça dynamise énormément l’action. Dommage toute fois, la technique devient inutilisable à peine Sonic s’équipe d’un des boucliers élémentaux de Sonic 3.

Pour rester sur l’héritage de Sonic 3, la quadrilogie originale brillait par son Level Design qui s’est d’ailleurs complexifié sur cet épisode. La formule était alors plus labyrinthique, désorientant totalement le joueur au bout de vingt secondes; un peu si on l’avait foutu comme dans un magasin Ikea. Mania a repris exactement cette même recette; frustrante tant on subit l’environnement sur nos premières parties, elle devient comme d’habitude délicieuse quand on apprend à dompter ce qui nous entoure. Cette philisophie du Level Design met aussi un gros stop à  tous ceux qui disent que « Sonic c’est un jeu où il faut juste presser « avant » et sauter de temps en temps pour arriver au bout du niveau ». Sans aller aussi loin que Sonic CD dans son côté exploration, Mania requiert lui aussi de bien être attentif à notre environnement, les Special Stages étant très souvent planqués dans des endroits hors du cheminement « traditionnel ».

Puisque l’on évoque ces Special Stages, ces derniers sont réalisés dans une très joli 3D de style 32-Bit rappelant Sonic R ; on appréciera le fait que l’équipe ne soit pas tombé dans la facilité avec un énième pipeline à la Sonic 2, néanmoins on regrette un peu de ne pas avoir eu une chanson chantée à la Sonic R en courant après l’émeraude, mais ça, c’est du caprice de fanboy !

EVERYBODY SUPER SONIC RACINGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGG

Ice Caprice

Le fan-service ! Dans un jeu qui reprend une formule déjà existante, c’est là que se trouve le nerf de la guerre; le jeu prend toute sa saveur quand d’un coup tu te mets à gueuler « OH MAIS ILS ONT PENSÉ A CA ! MAIS NAAAAAAAAAN ! ». Le fan service passe d’abord par les niveaux. Le jeu en propose douze, huit Old School et quatre inédits. C’est un nombre correct, qui permet de faire le jeu en espaçant ses sessions ou en le tapant d’une traite, à l’ancienne. Il était évidemment très difficile de choisir huit niveaux classiques parmi trente-sept mais dans l’ensemble les gars ont visé juste. Il y a bien quelques déceptions et incompréhensions mais nous sommes là dans une subjectivité totale. PAR CONTRE, il y a quelque chose que l’on ne peut pas laisser passer, la non-présence d’Ice Cap, zone iconique de Sonic 3 avec sa fameuse descente en snow-board ! J’ai arpenté les niveaux en me demandant à chaque début de Zone « bah, elle arrive quand Ice Cap ? », en vain. Mais qu’importe, l’équipe a su se racheter en offrant des centaines de petits détails, parfois immenses, parfois minuscules, qui ont fait crépité mon oeil de fan. Des allusions à Streets of Rage, à Daytona USA, à Sonic The Fighters, à la Game Gear, à des memes d’internet, certains boss entiers sont « du biscuit pour les otakus » comme dirait l’autre. Tu souris en jouant, tu te sens compris, tu penses à ces gens qui se moquaient de toi mais qui ne verront jamais plus meta que Luigi qui fait un dab. Les boss d’ailleurs, malgré leur qualité assez inégale (en même temps y en a vingt-sept), réservent de belles surprises, ceux repris des anciens épisodes ne sont pas un vulgaire copié-collé comme dans Sonic 4.

Les quelques zones inédites sont quant à elle presque toutes réussies, presque car Titanic Monarch est un vrai naufrage (tu l’as ?). A vrai dire, on en vient à regretter de ne pas avoir un jeu complet avec uniquement des nouvelles zones. Les musiques des niveaux signées par Tee Lopes, un autre fan qui publiait des remixes de morceaux de Sonic sur Internet, sont exceptionnellement justes et collent parfaitement à l’univers de la série (mention spéciale à Mirage Saloon Act 2). Les équipes artistiques de leur côté semblent avoir pris le kiff de leur vie, les zones sont magnifiques, tout se joue parfois sur de petits détails, et sur ce point Sonic Mania est une chapelle Sixtine pixelisée, c’est beau ! J’le disais en jouant ! « C’est beau putain ! ». C’est un travail d’orfèvre, rien n’est laissé au hasard, jusqu’aux animations des trois persos. Il arrive que certaines d’entre elles ne soient utilisées qu’une seule et unique fois dans tout le jeu, et pourtant ces animations sont réalisées avec une grande minutie, c’est splendide !

Le jeu place la barre graphique très haute, particulièrement avec les zones inédites

Glitch Hill Zone

C’est d’ailleurs quand on voit le travail réalisé sur la partie visuelle qu’on en vient à se demander comment la même équipe a pu laisser passer autant de bugs. A l’heure où ce test est rédigé, aucun patch sur les versions consoles n’est sorti, et certains bugs viennent pourrir l’expérience. En vrac, il m’est arrivé de mourir sans raison en assenant le dernier coup à un boss et de devoir recommencer ce même boss jusqu’à trois fois avant que le bug disparaisse ; une autre fois le jingle de fin de niveau s’est lancé en plein milieu d’un acte et a laissé place à un grand silence pesant. Ces deux bugs suscités ne sont qu’un échantillon de ce que j’ai pu rencontrer au cours de mes vingt-cinq heures de jeu. Alors oui, le patch est déjà en route et est sorti avec la version PC, mais quand bien même, quand on veut se la jouer old-school, on le fait jusqu’au bout, les Sonic 16-Bit n’avaient pas le luxe des mises à jour.

Pour rester sur les rares déceptions que m’ont apporté le jeu, évoquons enfin les bonus. Ces derniers se déverrouillent en obtenant des médailles en « Blue Sphere », le fameux Special Stage de Sonic 3 ; malheureusement ces bonus ne sont pas à la hauteur des efforts déployés pour les obtenir. Je ne m’attendais pas à en avoir donc ils ont le mérite d’exister ; mais ne serait-ce que l’habituelle galerie d’artworks aurait été la bienvenue. Le Sound Test en Bonus, sans déconner les gars… On retiendra juste le Debug Mode qui transforme le jeu en véritable « sandbox » et sur lequel je me surprends à passer pas mal de temps à faire n’importe quoi.

C’est rigolo de faire n’importe quoi

Heureusement le jeu a suffisamment à offrir en terme de replay value du fait de son ADN même. Les Sonic 2D sont des jeux sur lesquels on aime revenir, maîtriser leur Level Design prend du temps et on peut passer des heures à essayer encore et encore d’optimiser son parcours pour prendre pleinement son pied, à ce sujet un mode Contre-la-montre avec fonctionnalités Online est de la partie, et ça c’est cool.

En conclusion, Sonic Mania est un excellent Sonic et il remplit on ne peut mieux son rôle d’hommage aux épisodes 16-Bit. Il est fidèle aux jeux qu’il représente, parfois trop, c’en est frustrant tant une « vraie » suite à la quadrilogie originale aurait pu être exceptionnelle. Mais rien n’est perdu et il ne fait aucun doute que le succès de cet épisode, Sonic le mieux reçu par la presse depuis 15 ans il faut le rappeler, ouvrira de nouvelles portes à tous ces gens talentueux, en attendant Taxman bosserait avec les équipes de Freedom Planet 2, suite d’un Sonic-like sorti sur PC en 2014.

Mais surtout, Sonic Mania charme le fan de bien nombreuses façons, et c’est sûrement ce que j’attendais le plus de lui; le jeu est une pochette surprise géante, remplie de délicieuses attentions. Si vous n’êtes pas fan outre mesure ne passez pas à côté pour autant, tout dépend de votre appréciation pour les Sonic originaux: Si vous avez de merveilleux souvenirs sur les épisodes Mega Drive c’est un must have, si à l’inverse vous n’avez jamais aimé Sonic, Mania n’y changera rien. Enfin, si vous n’aviez jamais osé sauté le pas c’est l’épisode rêvé puisque tout vous semblera inédit, sacré veinard. Attention toute fois à ne pas être rebuté par la difficulté du titre, somme toute dans la moyenne de la série, mais pouvant surprendre quand on ne s’y attend pas. Faites moi confiance, accrochez-vous, car il n’y a rien de plus grisant que de traverser ces magnifiques niveaux à toute vitesse.

Version vidéo

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